27/10/2006Mariah CaréeSes concerts au Japon sont annulés par les organisateurs.
Motifs : les ventes de billets peu satisfaisantes (env. 4000 billets vendus à grands renforts de publicité) et des demandes de Mariah jugées peu raisonnables.
Dommage, parce qu'à la voir je me dis qu'une petite diète à base de sahimis ne lui aurait fait aucun mal. I am happy !
Mon bébé démarre sa carrière universitaire aujourd'hui !
26/10/2006Beaucoup trop de bruit pour presque rien
Tout ce que j'ai à dire c'est que le tableau de famille est plutôt beau...
Et puis ça fait bien longtemps que j'ai réalisé que la plus belle des familles, c'est celle qu'on se CONSTRUIT au cours d'une vie. Je pense que si on avait dit à cette femme il y a quinze ans qu'elle figurerait sur cette photo avec ces enfants autour d'elle, elle aurait bien ri. Et pourtant, aujourd'hui, en pleine ère des familles recomposées, la voilà qui compose sa famille et, franchement, personne n'en semble malheureux.
A part peut-être quelques bien pensants...
Quant aux hypothétiques et médiatisées facilités dont elle aurait bénéficié pour adopter cet enfant, elles devraient faire réfléchir plus qu'outrer les ménagères et les gardiens de la morale de tous bords. En effet, plutôt que de la blâmer pour avoir "facilement" adopté, ne vaudrait-il pas mieux revoir certaines lois et supprimer quelques barrages administratifs afin d'encourager ce procédé chez monsieur et madame tout le monde ? Enfin, moi je dis ça mais c'est vrai aussi que je ne suis pas assistant social ni psychologue et encore moins juriste, il m'est donc difficile d'évaluer quels traumatismes peut vivre un enfant "mal" adopté...
Cependant, je me souviens avoir été choqué et ému au plus haut point il y a quelques années, assis devant mon poste de télévision, à suivre un reportage sur les orphelinats en Chine. Les bébés y vivent attachés à des chaises ou aux barreaux de leur minuscule lit. Ils ne bougent pas, ne marchent pas et sont mal nourris. Il en résulte des déformations affreuses et des maladies qui dans la plupart des cas finissent par les emporter.
A côté de cela, en Suisse, il est presque impossible, à une famille dont l'un des membres est au chômage, d'adopter un enfant... 25/10/2006Petites rasées et grands rasés
Là, il y a quelques minutes, alors que je me rendais aux toilettes, j'ai croisé dans les couloirs une téléphoniste de notre hotline. Pas très grande, toute piercée, crâne rasé, pantalons baggy genre camouflage. Je me suis dit : "Tiens ? Encore une lesbienne..."
Depuis quelques mois, notre société devient un véritable repère de jeunes lesbiennes au look formaté totalement inéquivoque. Elles se ressemblent toutes et passent tout leur temps ensemble, aussi bien dans le bâtiment qu'à l'extérieur. Dernièrement, en pause, un de mes collègues qui est également gay me disait en regardant certaines d'entre elles attablées non loin de nous : "Je me demande de quoi elles peuvent bien parler... Je suis sûr qu'elles militent. Les gouines ne font que ça : militer".
J'avais ri.
Bref, j'en reviens à MA nouvelle lesbienne croisée dans le couloir tout à l'heure.
Elle m'arrête direct et me dis : "Tu es Effe, n'est-ce pas ?
- Oui, - ai-je répondu affichant un air surpris.
- Le frère de ma copine m'a parlé de toi récemment...
- Nando ? - demandé-je instinctivement ayant fait le rapprochement entre le look de la jeune fille et celui des deux soeurs de Nando, lesbiennes aussi (oui, leur maman a aligné la double-quine (pas de jeu de mot, please, ça ne serait pas élégant... - et le carton) et employées à notre hotline...
- Oui, - sourit-elle. - Nando.
- Et en quoi puis-je t'aider ?
- Non, rien. Je voulais juste me présenter parce que je suis nouvelle. Je m'appelle Maïté, - lâche-t-elle dans un sourire en me tendant la main.
- Enchanté, - dis-je alors qu'elle me broie les phallanges."
En rentrant dans les toilettes, je me dis quand même qu'elles sont bien directes et plutôt sans-gêne ces jeunes lesbiennes rasées... Je suis tellement étonné de sa démarche que je ne pense même plus à son sourire lorsqu'elle m'a dit que Nando lui avait parlé de moi et ce n'est que lorsque je me retrouve face à la cuvette du fond que la curiosité de savoir en quels termes il a pu faire référence à moi me pique.
Je n'ai pas le temps d'y réfléchir plus que ça que déjà la porte s'ouvre à nouveau sur un autre nouveau de la hotline. Je ne connais pas encore son nom mais son gabarit m'a carrément impressioné les quelques fois oú je l'ai croisé dans le bâtiment : la trentaine, dans les un mètre quatre-vingt dix pour très certainement cent dix kilos de muscles, un visage de tueur (turc, très certainement) et crâne rasé. Le mec, c'est le pur fantasme gay (et hétéro, étant donné que la plupart des hommes désirent secrètement lui ressembler).
Il me dit quelque chose... Je le connais... Mais de oú ?
Il prend place à côté de moi et commence à se soulager. Moi, je fixe le mur. "Comment ça va ? - me demande-t-il.
- Euh... - laissé-je échapper encore plus surpris par le grand rasé que par la petite rasée de tout à l'heure. - Très bien, merci. Et toi ?
- Tranquille. On se connaît tous les deux, non ?
(C'est moi ou c'est pas un endroit pour parler ??? Bref ! Le fait est que, passé le stade de l'étonnement, je me redonne une contenance et redevient instantanément le "moi" que je suis partout ailleurs qu'affairé à un pissoir).
- Je ne crois pas.
- Si, de vue en tout cas. Je suis videur dans une boîte à Lausanne. Tu y venais parfois à une époque.
- Videur ? ça paie pas assez d'bosser à la hotline ? - demandé-je en souriant au lieu de m'exclamer "Ah mais oui ! Voilà d'oú je te connais !"
- Ouais ça paie mais pas assez pour payer mes conneries de jeunesse, - me confie-t-il.
- Ah ok, - dis-je toujours aussi étonné par l'applomb avec lequel les nouveaux rasés de notre hotline s'adressent à moi aujourd'hui."
Tout à coup, alors que j'arrive au bout de ma petite affaire (mon interlocuteur semble être lui en plein dedans à en juger par le bruit de cascade), je me dis que les rasés, petits ou grands, n'on pas l'apanage du sans-gêne et, hop !, ouvertement et sans déguisement aucune, je jette un regard par dessus la cloison sur ce que le géant turc tient dans sa main droite. Mon insolence me cause une montée d'adrénaline et je frissonne. C'est avec un petit sourire que je repose mon regard sur son visage, satisfait d'avoir constaté que je ne suis en réalité pas en présence de un, mais bien de deux grands rasés. Là oú je me trouve génial, c'est que j'en ai absolument rien à foutre de savoir si il a vu ou non mon regard ou de ce qu'il peut, le cas échéant, en penser.
"Fais attention quand même, - ajouté-je en refermant mon pantalon et en m'éloignant vers le lavabo dans un bruit de chasse d'eau. - A en juger par ton apparence, t'as encore le temps d'en commettre d'autres des erreurs de jeunesse.
- Non, t'inquiète pas. J'ai appris la leçon, - croit-il bon de me rassurer en riant.
- Et puis si vraiment t'as besoin de tune, y a d'autres filières qui paient mieux, - continué-je dans son dos, lancé dans mon trip.
- Ah oui ? Vas-y ça m'intéresse.
- Je sais pas... Quand je te vois, je pense direct au porno pour toi."
Il se retourne surpris (de nouveau j' entrevois son grand copain rasé) et éclate de rire en voyant mon air amusé : "T'es con !
- Oui mais sérieux. Tu devrais y penser. On en reparle à l'occasion si tu veux, - achevé-je en m'essuyant les mains.
- OK. T'es cool ! En tout cas, si tu veux sortir un d'ces soir, t'hésite pas à m'dire. J'peux t'mettre sur des guest-list un peu partout.
- Merci, t'es chou."
En retournant à ma place, je me dis que suis vraiment cool... Autant qu'un jeune rasé de la hotline !
Merci GA et merci JazzheadHier, grâce à un article du susnommé sur le site susmentionné, j'ai découvert TAKE6.
Moi y en avoir aimé a lot ! 24/10/2006Que reste-t-il aux hommes ?
Voici une petite conversation qui a suivi la réception d'un mail comportant les photos d'un manequin homme qui défile souvent torse nu :
Une collègue : Mmmmmmhh
Moi : Bof... Son énorme tatouage gâche tout... (oui parce qu'il a un énorme tatouage sur la poitrine le mec des photos)
Cette collègue : J'peux t'dire que j'me suis pas arrêtée au tatouage !
Moi : Certainement parce que t'as pas la fibre artistique...
Une autre collègue : Ou alors elle est morte de faim (rires)
La première collègue : Ouais j'ai faim ! J'veux d'la bite !
Moi (scié) : Tu veux pas que j'aille plutôt te chercher un Kinder Country à la cafèt ? Je sais pas si ça va changer quelque chose à ton problème d'hormones mais, la bouche pleine, tu diras peut-être moins de saletés !
Traitez-moi de misogyne ou de macho si vous le voulez mais ça m'empêchera pas de penser que "bite" dans la bouche d'une femme ça passe beaucoup moins bien que dans la bouche d'un homme.
Je dois être con
Chez moi et dans mon couple, je décide de tout. Je prends toutes les décisions et c'est très bien ainsi car comme je suis très intelligent et que j'ai toujours raison et que je sais mieux que personne ce qui est bien pour moi, pour mon conjoint ainsi que pour mon entourage, les choix que je fais sont toujours les bons.
Bien évidemment, cette attitude - et surtout ce pouvoir fédérateur (I like to call it "charisme") - irrite parfois mes gens... En effet, on me laisse entendre de temps en temps que je suis insupportable ou psychorigide.
Je ne m'en inquiète pas plus que cela de ces réflexions mais j'en prends tout de même bonne note histoire d'entreprendre à intervalles réguliers des actions visant à démontrer que je ne suis pas exactement tel qu'on me perçoit.
Dans la série "Je lâche prise" et je laisse des libertés de choix à mon homme, je lui ai demandé il y a quelques jours de choisir des DVD... Il est revenu avec la première saison de ça :

Depuis, il est scotché tous les soirs devant la télé et il dévore avec grand enthousiasme les premiers épisodes des avantures de Sydney Bristow. Moi, je ne peux pas dire que je n'aime pas... Non... Je ne peux pas dire ça... Je suis forcé d'admettre que... JE N'Y COMPRENDS RIEN !
Non, sérieux, je pige rien à cette série et j'ai toujours un train de retard à chacune des missions de la belle espionne ! Du coup, je passe pour le dernier des imbéciles à poser des questions tout le temps du genre de :
"Mais il était pas mort lui ?"
"C'était quoi déjà la contre-mission ?"
"Pourquoi elle vole la disquette ?"
"J'ai pas compris... C'est qui son père ?"
Les réponses à mes questions vont du "Chhht ! Laisse-moi écouter !" au "Je t'explique après, bébé. Mais essaie de te concentrer et de suivre ! Sinon c'est pas la peine...".
Bref ! Je passe pour le dernier des cons et ça me ramène à cette époque sombre de ma vie oú l'un de mes amis tentait désespérément de m'expliquer "Matrix" et que moi, je comprenais rien...
Désespérant.
J'ai bientôt trente ans... Et je comprends pas les séries télévisées ni les films branchés et tout public !
Désespérant.
Y a-t-il quelqu'un dans ma situation ? Quelqu'un suceptible de me comprendre ? 20/10/2006ABRACADABRA
Il y a un peu plus d’une semaine, j’étais en enfer.
A deux mille kilomètres de chez moi, enfermé dans une chambre au fond de la maison de mes parents, je tournais en rond à la recherche d’une solution, d’une réponse. Parfois, épuisé et désespéré, je me couchais sur le lit et je pleurais. Dans les pièces voisines, mes parents tentaient de s’occuper l’esprit afin de ne pas penser à mes récentes révélations et au fait que leur fils unique semblait désemparé et malheureux.
Jeudi dernier, las d’alimenter cette souffrance et de dessiner moi-même les vicieuses courbes du cercle de mes noires pensées, j’ai attendu de me retrouver seul dans la maison et je me suis servi un verre. L'alcool m'a aidé à oublier la situation de mon homme, le visage tremblant de mon père, ses larmes, la psychose maniaque de ma mère et mes angoisses liées à eux tous. J’ai cherché parmi les CD que j’oublie chez mes parents à chaque fois que je les quitte et j’ai opté pour « Minage » de Mónica Naranjo.
That night a dj and a drink saved my life…
Et puis j’ai passé quelques coups de fil et je suis sorti, toute la nuit.
J’étais en enfer, alors j’ai dansé comme la dernière des salopes de l’enfer, toute la nuit.
J’ai bu et je me suis entouré, j’ai parlé et j’ai ri, et j’ai dansé, toute la nuit.
Le lendemain, j’avais tellement mal au corps et à la tête que mes autres souffrances d’une dimension plus psychiques s’en sont trouvées atténuées. Une seule pensée parvenait parfois à se frayer un chemin entre mes nausées jusque dans mon esprit et elle concernait cette connaissance nocturne qui me disait tard dans la nuit au fond d’un bar : « Tu devrais recommencer ta vie ailleurs, avec ton ami. Tout reprendre de zéro. Je l’ai fait avant toi. Parfois, c’est bénéfique. Je pourrais t’obtenir un bon job à Palma de Mallorca avec appartement et voiture de fonction si tu veux. Appelle-moi demain et on en parle ».
J’ai regardé longtemps ce prénom monosyllabique au-dessus d’un numéro de téléphone sur le cadran de mon portable. Et si tout changeait d’une simple pression sur « APPEL » ?
18/10/2006COMING OUT
Je n’aurais pas dû le faire.
Je n’avais pas prévu de le faire…
C’est sorti comme ça, dans un flot de larmes, dans un instant de désarroi des plus absolus.
En face de ma mère, accablé par les événements découlant de la situation de mon conjoint, j’ai bien tenté de combattre l’effondrement mais je n’ai pas été assez fort. Alors que je ravalais ma douleur et mes peurs, tentant de conserver une certaine contenance, j’ai repensé à mon enfance, à la facilité avec laquelle, lorsqu’en pleine nuit un cauchemar me réveillait, l’étreinte maternelle me tranquillisait instantanément et comment, après cela, le calme s’emparait à nouveau de moi et je dormais enfin apaisé, l’esprit vide, en paix.
La paix de l’esprit, voilà ce que je recherchais – je crois – en me confessant devant elle. « J’aime un homme ! Je ne veux pas le perdre ! Je suis à bout de forces, maman ! Je ne peux plus me battre seul… J’ai tellement besoin d’une épaule, de me sentir entouré… Je suis fatigué d’être un inconnu pour papa et toi ! Je ne veux plus vous mentir ! Je veux que vous sachiez qui je suis ! »
Comme lorsque j’étais petit, elle m’a pris dans ces bras. J’ai pleuré comme cet enfant que j’ai été, sans retenue. J’ai tout laissé sortir, tout ce qui me rongeait depuis des années : la frustration de ne pas être celui qu’ils pensaient, la peur des les décevoir,… Tout ! Et j’ai attendu que le soulagement vienne…
Je l’attends encore.
Plus tard au cours de cette même journée, j’ai affronté mon père.
Il a pleuré aussi.
D’abord, il a pleuré parce qu’il me voyait malheureux et que c’est la dernière chose qu’il souhaitait. Il ne comprenait pas pourquoi je m’attachais à cet homme dont la situation ne pouvait que me faire souffrir, cet homme avec lequel je n’ai que des différences et des problèmes. Puis, plus tard, dès le lendemain en fait, il a commencé à me fuir, moi et mon regard, et jusqu’à la fin de mes vacances chez eux, il ne m’a plus regardé dans les yeux.
J’ai souffert de voir mon père verser des larmes pour moi. Je me suis dit : « Ma peine le torture… »
J’ai souffert aussi de voir mon père verser des larmes contre moi, de rage, d’incompréhension : « Comment as-tu pu ? Qu’ai-je fais pour que tu sois ainsi ? Pourquoi ? Tu as choisi une voie que je ne comprendrai jamais et que j’accepterai encore moins ! »
J’ai souffert de le voir se construire cette carapace sensée le protéger de moi…
« Je le savais, - m’a dit ma mère. – Au fond de moi je le savais. Aujourd’hui, je me demande juste si je n’aurais pas préféré rester dans le doute. J’ai peur pour ton père maintenant, peur que ça le ronge, tu sais ? »
Je n’ai pas pu lui demander pardon. J’ai eu envie de le faire mais mes pensées ne se sont pas matérialisées en paroles. Pourquoi aurais-je dû présenter des excuses ? Parce que je vis ? Non, hors de question. Je n’ai pas pu et je ne le pourrais jamais. Je lui ai juste dit que je la comprenais et que je LE comprenais. « Mais je ne vous demande pas de me comprendre en retour, c’est impossible et je le sais. Je vous demande juste de m’accepter. Je pense comme toi maman : j’aurais mieux fait de ne rien vous dire car cette vérité semble nous avoir enlevé plus qu’elle nous pourra jamais nous apporter… J’ai toujours pensé que cette confession m’aurait offert du calme et de la sérénité, ce n’est pas le cas, car je vois qu’elle vous fait souffrir. »
Tout dépend des parents bien sûr, et je ne veux pas faire de généralités, mais dans mon cas, j’aurais effectivement mieux fait de me taire. J’aurais dû être plus fort que mon désespoir… Maintenant, je suis gay aux yeux du monde entier, mais je ne m’en sens pas pour autant plus fier ou plus fort qu’avant. Je suis peut-être exactement ce que je me suis évertué à faire comprendre à mon père et à ma mère : la même personne.
04/10/200603/10/2006L’histoire de La Delta, une drag queen ex-junkie, flamboyante et schizophrène, qui voulait être père
Quand il m’a dit son âge, je n’ai pu réprimer une moue d’étonnement qui, s’il n’avait pas été distrait par son employée à ce même instant, l’aurait très certainement vexé. Je l’ai regardé différemment à partir de ce moment car je lui donnais bien plus de vingt-et-un ans. Soudainement, for de cette nouvelle information le concernant, sa ventripotence, la maigreur non-sportive de ces bras et la qualité peu avenante de sa peau me sont apparues totalement inexcusables.
« J’ai été une figure emblématique du milieu gay de cette ville bien trop jeune et bien trop longtemps à la fois. Paradoxal, non ? – m’a-t-il demandé d’un ton étonnamment sérieux (la théâtralité de ses intonations et de ses gestes avait subitement disparu). – La Delta, mon personnage, hantait les nuits de cette ville alors que le jour, ma carcasse alimentait les échanges sexuels les plus froids dans les saunas et les parcs… Ou s’en alimentait… Je ne saurais pas vraiment le dire… »
Avec cette confidence, il est venu confirmer la certitude que j’avais eue en le voyant lors de ma première visite à son institut : je le connais, il est gay et souvent habillé en drag dans les soirées. Cette certitude avait cependant été puissamment ébranlée lors de ma deuxième visite lorsqu’il m’avait présenté sa fiancée et surtout lorsque celle-ci, un peu plus tard dans la même soirée, m’avait parlé de leurs projets d’avoir un enfant.
De fil en aiguille, il m’a parlé de sa nouvelle vie, de l’amour qu’il porte à sa compagne, de son enfance et de la force qu’il lui a fallu pour vaincre ses démons et surmonter les traumatismes infligés par une famille éclatée et reconstituée à plusieurs reprises, famille(s) dont les adultes n’ont jamais eu beaucoup d’égards, d’amour ou de scrupules envers les plus jeunes de ses (leurs) membres… Petit à petit, je le comprenais et je me disais que ça n’est finalement pas si mal qu’il s’en soit sorti avec les séquelles physiques qui sont les siennes, que les cicatrices qu’il porte au-dedans sont de toute évidence plus importantes et justifient son apparence. Au fil de son récit, j’en ai oublié ces appréhensions judéo-chrétiennes qui ont envahi mon esprit lorsque, du fond de son « dysfonctionnement » social, il m’a parlé de cet enfant qu’il veut avoir. Après tout, me suis-je dit, il vaut très certainement mieux avoir un père qui se cherche ou qui se (re)construit, plutôt que d’être le fruit d’une union bien comme il faut à l’heure où personne ne peut vraiment prétendre discerner le bien du mal ou savoir ce qu’il faut pour espérer atteindre le bonheur.
Je lui ai dit être content pour lui s’il pense être sur la bonne voie et lui ai souhaité plein de réussite… Je ne lui ai dit que des banalités en fait, mais je pense qu’il n’attendait rien d’autre. J’aurais même pu rester silencieux, qu’il aurait tout autant apprécié nos échanges. Il me l’a dit d’ailleurs. « Cela fait du bien de pouvoir parler comme je suis en train de ta parler. La plupart de mes amis m’ont tourné le dos en me traitant de folle et en me prédisant les pires échecs lorsque j’ai quitté le milieu. J’ai fini par croire que tous les gays étaient envieux, jaloux et médisants. Je suis content et rassuré de voir que ça n’est pas le cas. Tu sembles bon et sensible. Tu es beau en plus. »
Je n’ai rien répondu, j’ai juste souri, touché et flatté à la fois par sa perspicacité. Je me suis même surpris à l’accepter tel qu’il était, avec son physique, ses fractures et son univers, pourtant si différent du mien, son itinéraire, ses projets d’avenir, aussi inconcevables qu’ils aient pu être pour un esprit comme le mien à peine quelques minutes auparavant…
En le laissant, je me suis dit : « Et pourquoi pas ? »
Je suis rentré chez moi, à pied, en chantonnant :
“Luna quieres ser madre
Y no encuentras querer que te haga mujer
Dime luna de plata
Que pretendes hacer con un niño de piel
Hijo de la luna”
J’ai toujours aimé Mecano, leurs textes, leurs rêves, leurs mélodies et les histoires qu’ils racontent. La fin de « Hijo de la Luna » est l’une des plus belles conclusions qu’il m’ait été donné d’entendre dans une chanson. J’ai été content et rassuré pour La Delta qu’elle m’ait trotté dans la tête toute la soirée après l’avoir laissée.
C’est un bon présage.
Le Diable s'habille en PradaC'est cul-cul mais j'adoOore le cul !
C'est léger et ça reste en surface mais je suis moi-même plutôt superficiel !
Meryl Streep est ignoble mais je suis gay et donc j'adoOore les garces !
Bref ! Pour toutes ces raisons et bien d'autres, j'ai adoOoré ce film !  |
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Esperame en el cielo corazón
Si es que te vas primero
Y alli entre nubes de algodón
Empezaremos de nuevo
And all that you've ever learned...
...TRY TO FORGET
UNA NOCHE DE VERANO
He querido ser
Para vosotros ese ser
Anónimo con el que todos
Hemos ya pasado un par
De horas en un bar
Una noche de verano
Hablando de lo bueno
Y lo que vamos a cambiar
Riendo de buena gana
Brindando a por todo
He querido ser
Un momento divertido
En vuestras vidas
Y desaparecer
Antes que saliera el sol
No ser al despertar más
Que una gota más de alcól
Pero pregunté :
“¿Como os llamais, se puede saber?
- Miguel, - has dicho tu”
Y él “Estéban” o “Teba” ya no sé
Mi nombre contesté
Y “Encantado” los tres
Escuchando a Mecano
Nos dimos la mano
Mientras las noches de Madrid
Te emborrachan la razón
Y las copas y los brindis
Te dan la ocasión
De dar un paso más
Hacia adelante o hacia atrás
Cuántas veces he pensado
Irme al baño y no volver
Yo sé qu’entre sensatez
Y locura hay un paso
Que uno da sin enterarse
Escuchando a Mecano
Una noche de verano
Hartos de beber
Los tres nos fuimos del local
Cogidos de la mano
Y con ganas de bailar
Corrimos por las aceras
Saltamos como crios
Apostando a cuál de los tres
Tocaría más estrellas
Mientras las noches de Madrid
Te emborrachan la razón
Y las copas y los brindis
Te dan la ocasión
De dar un paso más
Hacia adelante o hacia atrás
Cuántas veces he pensado
Irme al baño y no volver
Yo sé qu’entre sensatez
Y locura hay un paso
Que uno da sin enterarse
Escuchando a Mecano
Una noche de verano
Y luego despertar
En un lecho de sudor
Dos cuerpos más el mio
La misma gana de gozar
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