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20/08/2007

20/08/07 - 11:31

Violence graphique




Depuis quelques semaines, nous pouvons voir dans les rues de toute la Suisse, l'affiche ci-dessus, impunément placardée, dans toute légalité car le symbole du mouton noir est issu d'une expression populaire et son utilisation ne peut donc, en aucun cas, être taxée de raciste.

Personnellement, j'ai dû passer une bonne vingtaine de fois devant cette illustration sans jamais la remarquer. Il faut dire que je ne suis pas spécialement intéressé par la politique. Par contre, ce week-end j'ai pu constater, sur certains de mes amis étrangers ou de couleur (pour reprendre le vocabulaire et la symbolique de l'affiche en question), à quel point ce type de propagande peut perturber ou blesser profondément les personnes concernées.

Le pire de tout, c'est que de par ma situation dans ce pays, je suis directement concerné, et sans le savoir, par le projet de loi que l'UDC (Union Démocrate Chrétienne) tente de faire passer, à savoir de pouvoir renvoyer dans leur pays tout ressortissant étranger qui commétrait un délit grave en Suisse.

Le fond, à la limite, je veux bien en discuter et tenter de le comprendre. La forme, elle, me parait totalement inacceptable tout en m'apparaissant, malheureusement, des plus adroites et efficaces. En effet, comme toute propagande de "tout à droite", elle joue sur des clichés facilement compréhensibles et sur nos bonnes vieilles peurs. De plus, en poussant, par sa violence, les personnes concernées à réagir avec agressivité, elle ne fait que conforter les adhérents de ce parti dans leur sensation qu'il est grand temps d'agir contre cette menace que représente le mouton noir en colère.

Nous étions une dizaine de personnes sur ma terrasse samedi. Et nous avons parlé de cette affiche. Les esprits se sont enflammés et le ton est vite devenu passionné. Il faut dire que mes amis sont aussi merveilleux que différents les uns des autres. J'avais, dans quelques mètres carrés et ensoleillés, une Suisse en miniature, avec ses ressortissants, bons bourgeois bien établis ou endettés jusqu'aux dents, ses étrangers avec ou sans autoristation de séjour et ses étrangers récemment naturalisés. Parmi ces personnes, certaines votent à gauche, d'autres à droite, pour l'UDC même "parce qu'il n'y a pas plus à droite", sinon ils voteraient encore plus à tribord.

Plus tard, on m'a demandé pourquoi, étant chez moi et responsable de ce qui s'y passait, je n'étais pas intervenu envers ces "extrêmistes" parce qu'ils manquaient stupidement de respect envers certains autres présents. J'ai réfléchi et j'ai réalisé que je ne peux être responsable que de mon point de vue ou de mes opinions, en aucun cas de celles d'autrui. Chez moi ou pas, je n'ai aucun droit d'imposer mon point de vue et je ne vais en aucun cas trier mes amis en fonction de leur convictions politiques. Je n'ai pas pris en compte ce critère lorsque j'ai décidé de leur accorder mon amitié ou ma confiance, je ne vais pas commencer maintenant.

Quant à moi, je n'ai jamais reculé à l'heure de tendre la main à mon prochain, ne regardant pas à sa situation, ses origines ou ses intentions, je n'ai jamais hésité lorsqu'il a fallu enfreindre ou contourner certaines lois pour le bien de l'autre, et je me suis toujous entouré de gens divers et variés, y puisant la richesse de ma vie et de mes expériences. Curieusement, ai-je fini par constater en réponse au reproche qui m'était adressé, ces personnes si extrêmes dans leur vote, ont pourtant été parmi les premières à me prêter main forte et bien plus, lorsque je me suis battu pour mon conjoint, étranger et dans une situation des plus délicates et difficiles.

Ce dernier point, j'y ai repensé ce matin en retombant sur ces affiches, dans la rue. J'ai souri à la vue des moutons. Parmi les 3 blancs, qui boutent le noir hors de la croix suisse, il y a de bons moutons, avec un coeur, des tripes et des reins solides, pour le bien des moutons noirs, pour mon bien à moi, aussi. Ils ont aussi des idéaux de bien-être personnel, social et économique ses moutons si blancs, pour eux-mêmes et pour leurs proches, que ces derniers soient blancs, noirs, gris, moutons, loups ou bergers.

Tenter de réduire des franges de la population à une simple image, cherchant à résumer les idées et les opinions de celles-ci par des clichés bêtes et violents, est selon moi le véritable mal ainsi que le piège dans lequel nous ne devons pas tomber !



commentaires

20/08/07 - 11:38

J'ai vu cette publicité à Genève la semaine dernière ; j'ai été choqué. Progressivement, celle qui se situe derrière la gare de Cornavin a été taguée.

20/08/07 - 11:43

vraiment vicieuse, cette affiche...

mais, vulnérable, aussi: si on taggue le (seul) mouton hostile avec une croix gammée et/ou le sigle de l'UDC...

20/08/07 - 11:57

pour moi, le fait de la taguer fait justement partie des réactions agressives qui peuvent consolider la haine ou le sentiment d'insécurité de certains citoyens vis-à-vis de l'immigration.

pour ce qui est de la vulnérabilité de l'affiche, elle l'est déjà, vulnérable, en soit : les votants, les suisses, y sont quand même représentés comme des moutons.

20/08/07 - 14:31

ah, zut, je croyais que ct flatteur, pour un Suisse, d'être représenté comme un mouton?

20/08/07 - 15:51

UDC = "Union démocratique du Centre" et non pas "Union démocrate chrétienne" !

Quant à la violence supposée du caviardage, je trouve le message de l'affiche incomparablement plus agressif !

20/08/07 - 16:12

Je confirme et approuve les propos ci-dessus : les chrétiens-démocrates de Suisse n'auraient pas aimé qu'on les confondît avec l'UDC.

20/08/07 - 18:22

moi aussi je les vois souvent ces affiches, en version alémanique... c'est vrai que c'est choquant, et c'est vraiment pas joli de se retrancher derrière l'excuse que "mouton noir" est une expression toute faite...
après deux trois semaines, ils ont ajouté une nouvelle version de l'affiche (en romandie aussi d'ailleurs) : un des moutons blancs est sur le dos, un couteau planté dans le corps, et du sang...
détail que j'ai du mal à comprendre : pourquoi le Schweizerische Volkspartei devient l'union démocratique du centre en français ?? :os

21/08/07 - 08:24

Kosmo & Herminien2 : Oups ! Essayé pas pu ! Voilà qui m'apprendra à parler de ce que je ne connais pas. Merci pour la correction en tous les cas. A côté de "Il faut dire que je ne suis pas spécialement intéressé par la politique" j'aurais carrément pu rajouter "...et je n'y connais rien".

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Esperame en el cielo corazón
Si es que te vas primero
Y alli entre nubes de algodón
Empezaremos de nuevo
And all that you've ever learned...
...TRY TO FORGET

UNA NOCHE DE VERANO

He querido ser
Para vosotros ese ser
Anónimo con el que todos
Hemos ya pasado un par
De horas en un bar
Una noche de verano
Hablando de lo bueno
Y lo que vamos a cambiar
Riendo de buena gana
Brindando a por todo
He querido ser
Un momento divertido
En vuestras vidas
Y desaparecer
Antes que saliera el sol
No ser al despertar más
Que una gota más de alcól
Pero pregunté :
“¿Como os llamais, se puede saber?
- Miguel, - has dicho tu”
Y él “Estéban” o “Teba” ya no sé
Mi nombre contesté
Y “Encantado” los tres
Escuchando a Mecano
Nos dimos la mano

Mientras las noches de Madrid
Te emborrachan la razón
Y las copas y los brindis
Te dan la ocasión
De dar un paso más
Hacia adelante o hacia atrás
Cuántas veces he pensado
Irme al baño y no volver
Yo sé qu’entre sensatez
Y locura hay un paso
Que uno da sin enterarse
Escuchando a Mecano
Una noche de verano

Hartos de beber
Los tres nos fuimos del local
Cogidos de la mano
Y con ganas de bailar
Corrimos por las aceras
Saltamos como crios
Apostando a cuál de los tres
Tocaría más estrellas

Mientras las noches de Madrid
Te emborrachan la razón
Y las copas y los brindis
Te dan la ocasión
De dar un paso más
Hacia adelante o hacia atrás
Cuántas veces he pensado
Irme al baño y no volver
Yo sé qu’entre sensatez
Y locura hay un paso
Que uno da sin enterarse
Escuchando a Mecano
Una noche de verano

Y luego despertar
En un lecho de sudor
Dos cuerpos más el mio
La misma gana de gozar