L'indépendance du Kosovo mêne à tout
J'ai eu ce garçon kosovar, Metin, au téléphone aujourd'hui et, curieusement, nous n'avons pas parlé de l'indépendance de son pays tout de suite, mais de la Saint-Valentin qu'il a passée seul, sans "personne à qui dire je t'aime" pour le citer.
J'ai compris que c'était une sorte de reproche qu'il m'adressait par cette phrase car le jour en question il m'avait écrire pour me demander si j'avais des projets pour la soirée. Dans l'euphorie de l'instant, je ne lui avais pas répondu.
J'ai alors tenté de détendre l'atmosphère en plaisantant : "Tu aurais pu le dire à ta femme, ça lui aurait sans doute fait plaisir.
- Tu ne devrais pas plaisanter avec ces chose, - m'a-t-il répondu.
- Quelle chose ? Le délire love que tu me joues ou ta femme ?"
Il y a eu un silence, et puis il m'a expliqué ce que c'est d'être gay dans sa famille, par rapport à son père, sa mère, son frère, la femme de ce dernier et de ses proches au pays. Il a parlé de l'Islam, de la honte et des coups lorsqu'il a été découvert. Il m'a dit que depuis qu'il a fait malgré lui son coming out, il n'a plus l'impression de vivre et que tous ses mariages lui ont été imposés. "Oui, c'est ma troisième femme, - m'a-t-il dit. - S'il te plait, ne rigole plus de ça."
Je n'ai rien répondu. Tout cela devenait trop lourd pour moi. Je n'avais pas la tête à ça et je ne m'attendais pas à ce genre de conversation des plus sérieux lorsque j'ai répondu à son appel. "T'as pas tout un pays autour de toi qui a obtenu son indépendance ce week-end ? Tu ne crois pas qu'il est temps pour toi, si les choses sont aussi compliquées, d'en faire autant ? De mettre des distances ? Je reste convaincu qu'elles ne seront que temporaires et que tes parents reviendront à toi, tôt ou tard, tu es leur fils après tout.
- J'ai déjà tenté de m'éloigner de ma famille et j'ai subi un harcèlement moral et physique dont je ne veux pas te parler. Je ne veux pas te faire peur, parce que même si j'ai du mal avec ton humour, je t'aime quand même, - il a marqué un temps d'arrêt que j'ai tout de suite interprété comme volontaire puis à ajouté un presqu'inaudible "beaucoup."
Je lui ai dit que je suis désolé pour lui et que je reste convaincu qu'il doit y avoir des solutions. Mais que bon, mis à part tout ça, je suis content pour cette indépendance. "Tu changes de sujet ? - m'a-t-il demandé en riant. - Je t'ai dit que je t'aime beaucoup.
- Oui j'ai compris. Que veux-tu que je réponde ? Je commence à te connaître, tu me sembles aimer beaucoup énormément de monde. Cela dit, je reste agréablement surpris de faire partie de groupe de personnes.
- J'aime pas beaucoup de mecs, j'en nique beaucoup, c'est différent.
- Ok. Je vais prendre ça comme un compliment.
- Si tu veux... Si j'avais voulu te niquer, ça ce serait déjà fait. Mais je t'aime beaucoup.
- Ben tu vois, c'est là toute la différence entre toi et moi, je couche avec les gens que j'aime... beaucoup.
- Ok, prends-le comme ça. Je vais me faire un plaisir de te démontrer que tu te connais pas si bien que ça et que toi et moi on est pas si différents que ça.
"Salaud !" - ai-je pensé en raccrochant.
21/02/08 - 23:15
Il a l'air moins lisse qu'il y a quelques billets, Metin, plus sympathique. Sauf à la fin...
C'est du calcul ?
lutinhysterik